La mythologie carolingienne

Emblèmes & apologie du mythe carolingien au tympan de Conques :
Trois protagonistes de l’iconographie carolingienne figurent au tympan, au centre de la colonne de l’Eglise en marche, au premier étage des Demeures paradisiaques, à la droite du Christ. Tous les historiens de l’art y relèvent la présence de Charlemagne. Mais les deux personnages en retrait qui l’encadrent, n’ont pas encore été identifiés : apparaissant de face, l’un porte la coiffure monacale, l’autre une coupe ondulée, si bien que certains ont pensé qu’il s’agissait d’une femme, et suggéré l’hypothèse de Bertrade, fille de Charlemagne, ou Bertrade « au grand pied », sa mère.
L’analyse graphique des postures et des traits physiologiques nous permet d’avancer deux identités possibles : celle de Saint Guilhem, alias Guillaume au Court Nez pour le moine, et celle de Louis le Pieux, pour le jeune homme à la coiffure ondulée.


Les héros de l'épopée carolingienne : Louis le Pieux, Charlemagne et Saint Guilhem
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Charlemagne :
Sceptre fleuri en main, Charlemagne suit humblement l’abbé qui le conduit par la main, marquant ainsi sa subordination au spirituel, ce qui constitue une transposition intentionnelle, partiale et discutable de la réalité historique.
Le réunificateur de l’empire romain d’occident apparait couronné, barbe taillée, moustache à la gauloise, visage allongé et menton pointu, (comme il est représenté sur une mosaïque de Saint-Jean-de-Latran), le regard un peu inquiet, genoux fléchis, dos voûté, l’empereur donne l’image, non pas du triomphe, mais de la vieillesse. Ce qui nous inciterait à mettre cette représentation en concordance, soit avec le sacre à l’âge de cinquante six ans en l’an 800, ou mieux à l’approche de sa mort, en 814.
On pourrait s'étonner de la présence d'un souverain, mort trois siècles plus tôt, représenté sur le tympan d'une église en compagnie de deux héros issus des romans épiques tout juste forgés. Le cas n'est pourtant pas isolé : Marcel Durliat note que bien « des héros de la littérature du temps pénètrent avec le thème de Roland dans l’iconographie romane. (…) La geste des compagnons de Charlemagne avait été renouvelée par les croisés en Espagne : ne venaient-ils pas d’entrer en vainqueurs à Saragosse en 1118 ? », et l’auteur de citer notamment le thème du chevalier glorieux sur la façade de la cathédrale d’Angoulème, précisant que « dans l’ouest de la France, (…) une idée de triomphe est implicite dans ces thèmes. D’où la conclusion que le cavalier roman ayant pris une part active à la Reconquête, résumait les croyances, les élans, les ambitions de l’aristocratie féodale à travers le mythe de la croisade. » ( Marcel Durliat, L’Art Roman, Citadelles & Mazenod, 1989, p. 128)
Le thème du cavalier glorieux, est présent au prieuré conquois de Perse, où deux modillons romans le mettent en exergue.
A Conques, ce n’est pas Roland qui est évoqué, mais les héros du cycle épique de Louis le Pieux et de Guillaume au Court Nez.

Charlemagne

Guillaume au Court Nez :

Le moine situé à l’arrière-plan entre l’abbé et l’empereur, est caractérisé par son nez abrasé. Visage carré, regard droit, menton volontaire, faciès rude, une main surdimensionnée affirmant sa foi, nous sommes en présence d’un homme dans la force de l’âge.
S’agit-il d’un acte de vandalisme, d’un éclatement de la pierre, d'un accident lors de la dépose ou repose du tympan, d'un tour du sort ou d’un trait spécifique d’une personne dont le nez aurait été coupé par une blessure ? Dans ce dernier cas, il pourrait bien s’agir du Chevalier Guillaume de Gellone dit « Guillaume au Court Nez », cousin germain de Charlemagne, duc d'Aquitaine, comte de Toulouse, fondateur de l’abbaye de Gellone (que l'on nommera dès le XIIe siècle Saint-Guilhem-du-Désert) où il prit l’habit et devint abbé, après avoir été le tuteur de Louis le Pieux.
Guillaume est célèbre pour sa bravoure dans la cadre de la résistance à l’avancée des Sarrasins dans le midi, par exemple lors de la bataille de l’Orbieu ou la prise de Barcelone en 803. La blessure qu’il reçut au visage lui valut son surnom, et le ses glorieux exploits militaires furent à l’origine du célèbre cycle épique de « Guillaume au Court Nez » d'où sortira le personnage de Guillaume d'Orange.
Louis étant fait roi d’Aquitaine à l’âge de quatre ans, Guillaume devint son tuteur, avec son ami Witiza, le futur Benoît d’Aniane, qui fut pour beaucoup dans la retraite de Guillaume à Saint-Guilhem-du-Désert en 806, où ce dernier mourra en odeur de sainteté. Entre temps, il avait donné sa sœur Blanchefleur en mariage au jeune Louis. En 1066, il est canonisé sous le nom de saint Guilhem. (1)

Guillaume Court Nez

Louis le Pieux :


Le troisième personnage en arrière-plan de Charlemagne n’est pas une femme, comme il a été dit… Dans ce cas, le visage eut été voilé, comme le sont toutes les femmes des Demeures.
Or, ici, tête dénudée, coiffure soignée, il s’agit d’un jouvenceau d’une vingtaine d’années au plus. Le visage enjoué, il sourit. De la main droite il tient le deuxième volet des Tables de la Loi, en partenariat avec un autre moine soutenant l’autre volet du diptyque. Ce dernier l’accompagne avec le clerc porteur de l’Evangéliaire, symbole de la continuité de la loi mosaïque au sein de l’Eglise.
Si le moine au nez cassé est bien Guillaume au Court Nez, nous avons tout lieu de présumer que le jeune homme au sourire représente Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne. Louis, troisième fils de Charlemagne, intronisé roi d'Aquitaine par son père en 781, ne pouvait a priori prétendre à la succession impériale. Mais le sort en décida autrement, et après le décès de ses frères aînés Pépin et Charles en 810 et 811, c’est finalement à lui qu’échoit la couronne impériale en 814. Louis 1er est sacré empereur à Reims en 816. D’où le sourire de l’héritier en puissance.
Louis apporte son soutien à l'abbaye reconstruite par Dadon après les pillages des Sarrasins. A peine devenu empereur, il s’empresse d’ériger Conques en abbaye impériale en 819, en exécution du testament de Charles le Grand, qui avait déjà doté Conques en 804 : l'abbaye est ainsi placée sous la protection directe du monarque qui se rendra personnellement à plusieurs reprise à Conques.
Voué dès son enfance à la condition ecclésiastique, Louis sera élevé dans une atmosphère monacale. Sa politique est très favorable à l'Eglise, et il s'engage, à la différence de son père, à ne pas intervenir dans l'élection du Pape. Ce qui lui vaudra par la suite l’attribut de « Pieux », tant il parait humble et soumis devant l’autorité ecclésiastique.
L’abbaye manifestera sa reconnaissance trois siècles plus tard, lorsque l’abbé Bégon II fait réaliser en 1100 le fameux reliquaire dit « A de Charlemagne ». Dans la foulée, vingt ans après, Conques érige son tympan et remet à l’honneur dans l’arc triomphal la gloire passée des Carolingiens adaptée au goût du jour, dans un but bien déterminé.

Louis le Pieux

Le mythe carolingien :

Trois siècles après la disparition des fondateurs de la dynastie, Conques trouvait dans l’apologie de la dynastie carolingienne un thème adapté aux temps nouveaux du XIIe siècle naissant. Les Capétiens se veulent les héritiers sinon les descendants de Charlemagne. Nous sommes dans le contexte des croisades. Un demi siècle après l’euphorie générale et la conviction de la parousie imminente consécutives de la prise de Jérusalem en juillet 1099, les combats contre les Musulmans pour le contrôle des lieux saints se poursuivent (2ème croisade : 1147 - 1149) et font écho aux exploits d'un Guillaume contre les Sarrasins 300 ans plus tôt. La réforme Grégorienne s’accompagne d’une formidable éclosion monastique et culmine par le traité de Worms en 1122, qui voit dans la soumission d’Henri V le germanique la fin (en fait toute provisoire) de la Querelle des Investitures, et une trêve au bénéfice global de la papauté.
Dans le même temps, un changement dynastique se profile en Allemagne. La prophétie de sainte Foy, transmise par le « Revenant » Conrad Ier, se réalise : son petit-fils, Conrad III supplante les Saliens, honnis de l’Eglise, et se présente comme son fidèle serviteur, lors de son élection à la couronne du Saint Empire Romain Germanique, en 1136.
Conques, qui depuis Bégon joue la carte des Hohenstaufen, ne peut que s’en réjouir ; et dans la perspective de ses bons rapports avec le nouvel empereur s’empresse de présenter à ses yeux l’image mythique d’un souverain conforme à l’idéal monastique. C'est pourquoi le manteau de Charlemagne se colore de bleu, couleur céleste, probablement en référence à la canonisation de l'empereur en 1165 sous l'influence de Frédéric Barberousse et qui ne sera pas démentie par l'Eglise romaine bien que cette canonisation soit prononcée par un antipape, Pascal III.

La méthode apologétique des correspondances :

La méthode de pensée théologique se fonde particulièrement sur la théorie des correspondances entre l’Ancien et le Nouveau Testament, si bien que les figures et préfigures se répondent. Le procédé appliqué aux sculptures du tympan permet de donner aux personnages historiques une dimension spirituelle symbolique, porteuse d’une signification polysémique et adaptée à un but politique circonstanciel.
C’est ainsi que le trinôme carolingien du premier étage de la Marche de l’Eglise, Charlemagne (Père), Louis (Fils) et Guillaume (Cousin germain), duplique symétriquement la trinité patriarcale d’Abraham (Père), Isaac (Fils) et Jacob (Petit Fils), placée à l’étage des temps bibliques. Les trois points verticaux gravés au-dessus de la tête d’Abraham matérialisent le signal de direction et de jonction de la préfigure à la figure, selon les conventions graphiques de l’ars memoriae.

Charlemagne, deuxième roi réellement sacré (après l’invention du sacre par son père, Pépin le Bref), fut qualifié de son vivant de « Nouveau Moïse » et de « Nouveau Josias » pour avoir soumis le peuple franc à la loi divine, faisant des Francs le « nouveau peuple Elu », pour s’y être soumis lui-même, et pour avoir pris pour modèle (dans son capitulaire admonitio generalis dicté en 789) le roi Josias, monarque du royaume de Juda qui restaura la Thora et le monothéisme, éradiquant le culte des idoles hébraïques.
On soulignera encore une fois la correspondance avec l’Ancien Testament où figurent et Moïse et peut-être Josias.
Quant à Louis le Pieux, il soutient au tympan les Tables de la Loi, reçues au Sinaï par Moïse. Le fils de Charlemagne à reçu pour sa part le surnom de « Nouveau Théodose », pour rappeler qu’à l’instar de l’empereur romain, il fit acte de pénitence publique à Attigny en 822 pour obtenir de l’Eglise le pardon de sa cruauté envers son cousin révolté Bernard de Lombardie, qu’il fit énucléer à la suite d’une querelle d’héritage. (Avec Dadon le matricide et Charlemagne, intempérant notoire (2), Louis n'est pas un saint, c'est même un grand pécheur dont la piété, la foi et la soumission à l'Eglise lui valent de figurer trois siècles après sa mort parmi les Elus des demeures paradisiaques).

Inversement, comment ne pas établir la correspondance antithétique entre les deux empereurs d'Occident carolingiens placés au paradis et les deux empereurs germaniques, Henri IV et son fils Henri V, placés, eux, dans le Tartare ?

Louis et les Tables de la Loi (survolez l'image pour visualiser les légendes)

Le troisième personnage, « Guillaume au Court Nez », fournissait à son tour un bon paradigme du seigneur fidèle serviteur de l’Eglise, respectueux de la foi jurée. Non seulement pour son passé, mais aussi par la réplique contemporaine de son exemple –encore une correspondance– en la personne de son lointain successeur, trois siècles plus tard, le duc d'Aquitaine, Guillaume X, originaire de Toulouse, excommunié pour avoir pris le parti d'Anaclet II (déclaré antipape à la suite d'un concile réuni par saint Bernard et sur demande du roi de France à Etampes en 1130), et qui, après avoir été "ramené à la raison" par le maître de Cîteaux lors de sa conversion à Parthenay en 1135, se fit sur la fin de sa vie ermite sous les injonctions de Bernard et mourut sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en 1138.
C’est un comportement courant qu’à la fin d’une vie aventurière, le grand seigneur se retire dans un monastère.
Brigand notoire, Pons de Léras vient juste d’en donner l’exemple en fondant l’abbaye cistercienne de Sylvanès en 1136 (3).
L’image de Guillaume au court nez, faisant ostensiblement le signe de la Foi, appelle la Chevalerie à respecter son serment de fidélité à Dieu, et, partant, à l’Eglise ;
celle de Louis le Pieux convient pour stigmatiser les querelles de succession.
Le Rouergue notamment vit à ce moment la querelle fraternelle de l’évêque et du comte de Rodez, qui ne sera réglée que par le respect des « communs de Paix », présidés par l’autorité ecclésiastique. Ce sera chose faite en 1145-47 lorsque l’archevêque de Narbonne règlera par décret approuvé par le pape le conflit des deux frères. Les successions étaient en effet source de querelles, liées souvent à la coutume d’attribuer le fief et le quart à l’ainé (4).

Apologie littéraire :

Enfin, qu’il s’agisse de problèmes de succession dynastique et de dévolution de couronne, ou de la soumission du pouvoir temporel au pouvoir spirituel, Conques trouvait dans le courant naissant de la geste carolingienne un support idéologique pour son entreprise hégémonique. Le « Couronnement de Louis », le « Moniage de Guillaume » et tout le cycle de Guillaume au Court Nezla prise d’Orange », le « Charroi de Nîmes », etc.) en seront plus tard les parangons.
La jonction initiale entre les écrits littéraires à l’origine de la littérature épique française et leur incarnation dans le concret de l’époque se trouverait-elle figurée au tympan de Conques ? Il y a là un sujet de recherche.

Mais n’oublions pas que nous sommes aussi au pays des troubadours occitans qui ont inventé l’amour courtois, au pays de Guillaume IX, duc d'Aquitaine (1071 - 1127, père de Guillaume X et grand-père d'Aliénor), premier troubadour dans une société qui met le service de la Dame à la base de la relation sociale, dans la recherche du « fin amor ». Et que, en ce premier tiers du XIIe siècle, Douce de Gévaudan (~1090, ~1129), comtesse de Provence, vicomtesse de Millau et épouse du comte de Barcelone Bérenger le Grand, tient à Carlat, non loin de Conques, une cour célèbre pour ses troubadours.

Le bon seigneur...

« est si bien appris et instruit
qu’il sait trier d’amour le droit et le tort. »
« Mas hil es tant aprez et instruit
que sap tirar d’amor lo dreit e lo tort
. »

Ainsi s’exprime le troubadour Raimon Jordan, vicomte de Saint-Antonin-Noble-Val, en Rouergue.

 

Les sources de la quête du Saint Graal :

Ce Guillaume au Court Nez représentait-il aussi à l'époque, à tort ou à raison, Kyot le Provençal, héros du Willehalm de Wolfram von Eschenbach ? Le minnesänger écrit au début de son "Parzival" que les sources aujourd'hui disparues dont Chrétien de Troyes s'est inspiré pour rédiger son "Perceval", seraient un manuscrit rédigé en arabe trouvé à Tolède par ce fameux Kyot, ou Guiot, un Guillaume qui s'exprimait en langue d'oc. (5)

En conclusion, on ne peut qu’admirer la maîtrise de l’art typologique par le maître du tympan, qui, incluant dans la Parousie du Christ, les mânes de Marie de Magdala, les fantasmes de Charlemagne et les germes des cycles carolingiens et arthuriens, réussit mille ans après, à éveiller et animer l’inconscient collectif de toute l’Europe.

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(1) Guillaume, fils d’Aude (fille de Charles Martel) et de Thierry Ier d'Autun est nommé par Charlemagne comte de Toulouse en 790. Il est le tuteur du fils de Charlemagne, Louis, roi d’Aquitaine et futur héritier de l’empire sous le nom de « Louis le  pieux » dit aussi « le débonnaire », qui à titre d’exécuteur testamentaire de Charlemagne, érigera l’ancien monastère du Saint-Sauveur de Conques en abbaye impériale en 818, bien avant l’arrivée des reliques de sainte Foy.
Guillaume combat les Sarrasins à Aliscans, à Narbonne, à Carcassonne et Barcelone en 803, ainsi qu’à Orange en Provence où une blessure au nez lui vaudra son surnom. A la suite de sa victoire, il épouse Orable, la fille de Desramé (Abd-al-Rahman II) souverain sarrasin de la ville. Cette princesse se convertit sous le nom de Guibourg (Guibourc) et lui apporte le fief d’Orange. Guillaume devient dès lors Guillaume d'Orange.
Guillaume, sur l’instigation de Benoit d’Aniane, fonde ensuite en 804 l’abbaye de Gellone. Devenu veuf, il s’y retire en 806, avant d’y mourir en 814. La mémoire de Guillaume de Gellone est célébrée à Conques puisque son nom figure dans l’obituaire de l’abbaye.
Avec sa canonisation en 1066, l’abbaye de Gellone prendra le nom de Saint-Guilhem-du-Désert.
Au XIIe siècle, Guillaume d'Orange devient le personnage fondamental du cycle d’une geste comparable à celle de Roland : chanson de lignage d’une grande famille féodale engagée contre les Sarrazins ; célébration de l’honneur chevaleresque dans le cadre de la féodalité et de la foi chrétienne (voir notamment le poème dit « Aliscams ». AU XIIIe siècle, il donnera lieu au cycle du « Charroi de Nîmes ».
Voir sur tout ce cycle l’étude approfondie de Joseph Bédier, in Légendes épiques, recherches sur la formation des chansons de geste, T. 1 Le cycle de Guillaume d’Orange, Paris, H. Champion, 1914. Bédier y avance la thèse, reprise ensuite par de nombreux historiens, linguistes et philologues romanistes (Emile Mâle, Alfred Jeanroy, Jean Frappier, etc.), selon laquelle la naissance de la littérature épique serait liée aux chemins de Compostelle, jalonné par les abbayes. L’abbaye de Conques y a probablement joué un rôle et quatre siècles plus tard son tympan roman en porte, semble-t-il, une trace qui confirmerait l’hypothèse de Bédier.
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(2) Les visions de l'au-delà n'ont pas toujours placé cet empereur au paradis. En raison de ses mœurs relâchées, de ses fréquentes infidélités, de ses multiples concubines et de la relation incestueuse, que dit-on, il a entretenu avec sa sœur, Charlemagne se voit puni et torturé, certes provisoirement, mais à titre de purgation par là où il a péché, selon le récit de la vision du moine germanique Wetti, au IXe s. rapportée par l'abbé de Saint-Gall, Walahfrid Strabon. Cf. Le Goff, op. cit. p. 160. (remonter)

(3) Ginette Bourgeois et Alain Douzou, Une aventure spirituelle dans le Rouergue méridional au Moyen-âge, ermites et cisterciens à Sylvanès (1120-1477), Paris, Cerf, 1999. Sylvanès est une abbaye cistercienne située au pied du Larzac, dans le sud-Aveyron. (remonter)

(4) Frédéric de Gournay, Le Rouergue au tournant de l'an Mil. De l'ordre carolingien à l'ordre féodal (IXe-XIIe siècle), Rodez, Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron / CNRS / Framespa / Université de Toulouse Le Mirail, 2004. (remonter)

(5) "Il parait certain que Wolfram [d'Eschenbach] (...) a nécessairement utilisé d'autres sources que Chrétien [de Troyes] et ses continuateurs. (...) Ses références à Kyot (ce poète écrivant en provençal qu'il utilise) sont trop précises pour pouvoir être sérieusement mises en doute." Jean Marx, La légende arthurienne et le Graal, Paris, 1952, note 3 p. 206. De Wolfram von Eschenbach on pourra lire : Parzival, Aubier Montaigne, 1977 et Willehalm, Niemeyer Max Verlag GmbH, Tübingen, 1994. En lire plus (remonter)

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