La gestuelle des diables

A la différence des éprouvés, les démons qui peuplent les Tartares sont très actifs. En voici les principales figures :

Plusieurs démons rongent la cervelle des éprouvés (L'hérétique couché, l'empereur germanique Henri V, le suicidaire et le moine blasphèmateur) peut-être pour évoquer le remords.
Deux démons arrachent la langue au moine blasphémateur et au calomniateur.
Plusieurs diables brandissent des armes : la fourche qui désarçonne le chevalier félon, la masse d'arme et l'arbalète qui vient d'être interdite par le concile de Latran (1139) ou la francisque qui menace de décapiter l'usurier.

Trois diables tirent des cordes pour pendre le moine qui porte Tisiphone sur ses épaules, l'avare et l'usurier (pendu par les pieds).

Un démon empale l'antipape (Grégoire VIII) tandis que deux monstres embrochent le chasseur (ou l'apostat).

 



Les mains et les têtes sont les éléments essentiels de l'iconographie gestuelle. Certains démons pèsent sur les crânes des éprouvés : le diable cornu appuie de tout son poids sur le chef de Tisiphone portée par le moine pendu, le démon au genou inversé force l'empereur Henri IV à courber la tête, tandis que Mammon soulève le menton du frappeur de monnaie et étend une main démeusurée au-dessus de sa tête. Bien sûr, tous les diables et démons sont laids et font des grimaces. Le contraste avec le calme et la beauté des éprouvés du Tartare est saisissant et significatif. Il ne s'agit pas du châtiment éternel des danmés de l'Enfer, mais bien du processus de restauration* des éprouvés destinés à être sauvés au terme de leur purgation.
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