Dossier de presse : le tympan du Jugement Premier  
F.A.Q.    

Le tympan de Conques, classé traditionnellement dans la catégorie des Jugements Derniers, avec son Enfer et son Paradis est resté à l'écart d'études approfondies, sans doute en raison de la rareté des sources historiques, de la profusion des scènes parfois difficiles à interpréter et de la complexité de la composition de ce triptyque de pierre.

Quarante personnages, plus de cent figures emblématiques, cent trois inscriptions, douze vers léonins, des signes cachés que seuls les moyens techniques contemporains ont dévoilés, constituent un puzzle énigmatique dont on ne parvient pas à décrypter la sémantique profonde faute d'une clé de lecture : il ne s'agit pas du Jugement Dernier avec son Enfer éternel, mais bien d'un Jugement Premier (ou particulier) et d'une remarquable préfiguration d'un concept alors en gestation : le Purgatoire, désigné encore sous le nom de Tartare. Révélateur de l'état d'esprit euphorique de la Renaissance romane du début du XIIe siècle, le thème central est celui du Salut, de la Rédemption accordée aux hommes par le Saint Sauveur, auquel la basilique est consacrée.

Le volet central représente la Parousie du Christ à la Fin des Temps, prélude au Jugement Dernier annoncé certes, mais pas encore prononcé. De part et d'autre, les Demeures Paradisiaques déployées comme une véritable fresque de l'Histoire du Salut depuis Abraham jusqu'à l'abbé contemporain, et de l'autre, le Tartare (ou Purgatoire), provisoire, bien cadré dans le temps présent.

Le site que nous vous invitons à parcourir traduit en termes simples les images et retrace les diverses étapes de l'analyse des scènes, de la gestuelle, des symboles, de l'ordonnancement de la composition, des signes mnémotechniques tout droit sortis de la scolastique du théologien Hugues de Saint-Victor. Il apporte l'éclairage nécessaire pour comprendre la mentalité monacale, la doctrine chrétienne et le contexte politique et historique de ce récit lapidaire et se fonde pour étayer la thèse sur les textes fondamentaux des Ecritures, des théologiens et des historiens (J. Le Goff, J.C. Schmitt).

Œuvre d'art exemplaire de l'apogée de la civilisation romane occitane, les scènes se contemplent comme le spectacle d'un véritable "mystère" médiéval, dévoilant sur le parvis de la basilique de sainte Foy, un drame liturgique, celui de la destinée humaine et de son salut.


COMPTE RENDU DE PRESSE : description et interprétation du tympan roman de Conques (Aveyron)

Résumé :
A partir d’une analyse graphique minutieuse, fondée sur les textes des théologiens du XIIe siècle, notamment Hugues de Saint-Victor, l’auteur, Pierre Séguret, dépasse la vision communément admise d’un Jugement Dernier et de son enfer éternel pour expliquer qu’il y a là en fait une préfiguration du Purgatoire et que le sens général du tympan est la pastorale du Salut. Le site, structuré autour de dix thèmes principaux, comprend une cinquantaine de pages à la fois didactiques, denses et approfondies. Conçu par un enseignant, il comporte, outre une description richement illustrée et enrichie par des animations de visualisation des détails, une boite à outils qui propose de nombreux instruments d’identification des personnages, de navigation, des vidéos, une bibliographie, un moteur et des outils de recherche (index détaillé, table des illustrations).


Descriptif du site :
Le tympan roman de l’abbaye de Conques en Aveyron est le chef d’œuvre de la renaissance romane du début du XIIe siècle. Il est communément admis qu’il représente le Jugement Dernier avec le Paradis d’un côté et l’Enfer éternel de l’autre. Pourtant une analyse minutieuse des scènes, des personnages et de leurs gestes mais aussi des inscriptions, révèle que le tympan représente plus exactement la Parousie du Christ, le Jugement Particulier de chacun des vivants à l’heure de leur mort et constitue de fait une étonnante préfiguration du concept de Purgatoire. C'est en quelque sorte le tympan du Jugement Premier plutôt que Dernier. Le sens profond du tympan apparaît dès lors sous la forme d’une éblouissante pastorale du Salut. L’étude de la composition du tympan et l’interprétation des scènes représentées sont éclairées par la lecture des Écritures et des théologiens contemporains, notamment Hugues de Saint-Victor. La superposition des sens littéral, tropologique, allégorique, spirituel et anagogique est décryptée, les règles de la construction rhétorique de la Cité de Dieu sont mises en évidence, de même que les mécanismes mnémotechniques qui guidaient un commentaire oral des moines, selon une mise en scène probablement à l’origine des mystères médiévaux. Le tympan apparaît ainsi comme une illustration remarquable de l’ars memoriae, de la polysémie des figures et de la théorie des correspondances.
La Parousie pouvant se concevoir comme un « éternel présent » (Saint Irénée), bon nombre de scènes font référence à l’actualité du XIIe siècle : on y trouve par exemple une référence explicite à la Querelle des Investitures ou encore aux armes nouvelles alors dénoncées. Une mise en perspective dans le cadre d'une époque, d'une doctrine catholique, d'une mentalité monacale et d'un contexte politique bien précis est apportée pour nombre des sujets historiés.


COMMUNIQUE DE PRESSE

Un simple clic sur : http://www.art-roman-conques.fr/ et voici que d’Abraham à Melchisédech, de Saint Antoine à Marie de Magdala, de la reine de Saba à la Vierge Marie, de Guillaume au Court-Nez au Chevalier félon, de Louis-le-Pieux à l’Antipape, de Charlemagne aux empereurs germaniques excommuniés, soixante-dix personnages bibliques, historiques ou anonymes, ving-cinq anges, vingt-neuf démons, une dizaine d'animaux et quelques figures symboliques entrent en scène.
De l’Ancien au Nouveau Testament, des ermites paléochrétiens à l’actualité immédiate des années 1140, cent détails symboliques déroulent l’Histoire du Salut, thème central du Jugement de Conques. Mais c’est aussi toute la société féodale qui est convoquée au Tribunal, avec ses mœurs, ses institutions, ses événements politiques et religieux, mis en scène selon la perspective de la pensée monastique du XIIe siècle.
Un parcours fléché et structuré par thèmes, décortique le sujet :
- Le retour du Christ à la fin des Temps ; c'est la « Parousie »
- Le dilemme d’un Jugement annoncé : Grâce ou Condamnation ?

Contrairement à l’a priori romantique encore bien établi, le tympan de Conques ne représente pas l’Enfer éternel subséquent au Jugement Dernier, mais nous offre l’étonnante surprise d’une génèse de la « Naissance du Purgatoire » analysée par Jacques Le Goff.
Les secrets cachés, réservés aux initiés, sont dévoilés. Non seulement les symboles sont explicités, mais les règles de lecture, telles que la polysémie des images, les jeux de correspondance entre les Figures et les Préfigures ou encore les signes graphiques issus des codes de la « mémoire artificielle », révèlent le plan du tympan et les chapitres du récit imagé.
Le livre de pierre s’ouvre alors comme un manuel d’histoire, dense et pédagogique et il s’anime, par la magie interactive de la souris, plaçant l’image à la base de l’exposé, renouvelant ainsi la didactique romane. Cette magistrale bande dessinée projette alors sous nos yeux le drame liturgique de la destinée humaine prise dans le combat du Bien et du Mal, du Diable et du Bon Dieu.
Ce site de valorisation du patrimoine culturel s’adresse à un public exigeant et curieux. Il établit une synthèse des quatre ouvrages que Pierre Séguret a consacrés au tympan ces vingt dernières années, et comporte, outre une description richement illustrée, des animations de visualisation des détails et d’identification des personnages, des outils de recherche et une bibliographie.

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