Chapitre 4 : les Demeures paradisiaques du Nouveau Testament


UN CALENDRIER MONACAL
OU LA LIGNE DU TEMPS DE LA MARCHE DE L'EGLISE
Nous voici maintenant en présence d’une frise chronologique qui court du zéro de l'ère chrétienne jusqu'au temps présent, à savoir le début du XIIe siècle : c'est le temps de la pérégrina
tion.
C'est à dire le temps de “l'Eglise en marche” : 13 personnages, debout, le corps presque de profil, progressent vers le Christ. Ils sont guidés par 3 personnages de grande taille, représentés presque de face : en tête des élus, Marie, la mère de Jésus, suivie de saint Pierre (1), fondateur de l'Eglise et détenteur de la clé du Paradis et enfin Dadon, l'ermite à l'origine de la fondation du sanctuaire de Conques (cf. la chronique de l'abbaye). Tous trois sont largement baignés par les ondes divines. Vient ensuite la procession de dix personnages de taille décroissante au fur et à mesure que l'on s'éloigne dans le temps selon les lois de la perspective donnant une perception tangible de la dimension temporelle. Représentés pour la plupart de trois-quarts profil, ces personnages avancent vers le Christ sous la conduite de l'Abbé de Conques reconnaissable à sa crosse pastorale. Pivot central du calendrier, il incarne le temps présent et son climat d'optimisme. (En savoir plus sur le contexte euphorique de la première croisade)
La dernière, à notre gauche, toute petite, presque accroupie, c'est Marie de Magdala.
On la reconnait à ses genoux fléchis, dans une attitude souvent représentée à l'époque romane (comme à Saulieu ou à Autun), et à sa position retournée : elle a les pieds tournés vers l'arrière de la procession, mais son visage se retourne vers le Christ. C'est une allusion à son “retournement”. Avec Marie, la “femme forte”, ces sont deux témoins féminins directs du Christ ressuscité qui encadrent la procession.
Il suffit de dater chaque personnage de cette frise, pour voir apparaître un calendrier historiographique qui marque les grandes étapes de la marche vers le salut au cours de l'ère chrétienne :

La procession des élus néotestamentaires (survolez l'image pour afficher la légende)
Sainte Foy, martyre
Marie-de M.
L'Abbé
Marie
Date
0
303
356
400
800
XIIe s.
750
64
0
Présent

Les quatre premiers temps de L'Église primitive sont représentés par quatre petits personnages auréolés constituant une typologie allégorique qui décompose le temps des premiers siècles paléochrétiens en quatre périodes :
- celle des disciples (Marie de Magdala, “apôtre des apôtres”, “Confesseur de la Foi”. Cliquez sur les liens suivants pour en savoir plus sur le retournement, sur le culte, les reliques, les tapisseries de Marie de Magdala à Conques, et enfin sur l'erreur dont elle est victime) ;
- celle des martyrs (sainte Foy représentée avec sa palme. Consultez les rubriques pour en savoir plus sur ses reliques, son sacerdoce, sa liturgie à Conques) ;
-
celle des anachorètes (saint Antoine le Grand, ermite du désert égyptien) ;
- et enfin celle des Pères de L'Église (saint Jérôme, Père de l'Eglise désigné par son phylactère).

Puis vient le temps de Charlemagne. La dynastie carolingienne est représentée par Charles le Grand, sacré empereur à Rome le jour de noël de l'an 800. Porteur du sceptre et de la couronne, il est probablement encadré par son fils, Louis 1er dit le Pieux, roi d'Aquitaine puis Empereur d'Occident et par Guillaume de Gellone dit Court nez, petit-fils de Charles Martel, donc cousin germain de Charlemagne. Cette triade de puissants héros guerriers peut surprendre dans la cohorte des élus. Au-delà de leur soumission à l'Eglise, leur présence mythique répond à une intention délibérée qui s'inscrit dans le contexte à la fois politique et littéraire de la construction du tympan et que nous exposons à la rubrique du mythe carolingien. (sous-rubriques Charlemagne, Guillaume de Gellone, Louis le Pieux, mythologie...)

Viennent ensuite deux clercs qui symbolisent la présence de l'Eglise, en particulier à travers les ordres monastiques, tel celui de saint Benoît auquel appartient notre abbaye. Le premier moine présente, posé sur un tissu, un Evangéliaire, reconnaissable à sa reliure. Le second porte les Tables de la Loi manifestant ainsi la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament, jalons essentiels du chemin vers le Salut. (En lire plus sur la représentation de la Thora et de la Bonne Nouvelle). Enfin, l'abbé, allégorie de tous les abbés de Conques, passés et présents, mais aussi de tous les bénédictins voire de tous les ordres réguliers, guide Charlemagne dont il tient la main. C'est le pivot central de la cohorte. (2)

Devant lui, trois personnages magnifiés par leur taille représentent Dadon, le fondateur de Conques, saint Pierre, le chef de toute l'Eglise, vêtu du pallium et qui tient la clé du Paradis (3) et enfin Marie, mère de Jésus.

On notera une structure spatio-temporelle strictement inverse de celle de l'Ancien Testament à l'étage inférieur.
Dans les Limbes, le personnage central, Abraham, père des Elus, marque les temps les plus reculés, et de part et d'autre, les personnages sont classés du plus ancien au plus récent au fur et à mesure qu'ils s'éloignent du patriarche premier. Aux deux extrémités, Marie de Magdala d'un côté, Ezéchiel de l'autre, occupent une position charnière qui assure la transition.
En revanche, dans la procession des temps nouveaux, l'axe central, situé à l'aplomb d'Abraham, est occupé par le Père Abbé de Conques qui incarne le temps présent.
Les autres personnages sont classés chronologiquement mais dans une symétrie inverse, du plus récent au plus ancien vers la droite comme vers la gauche, et l'on retrouve, à chaque extrémité, d'un côté Marie de Magdala et de l'autre la Vierge Marie. (4)

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SUFFRAGES* ET PURGATOIRE*
Marie, “Mère de l'Eglise”, “advocata nostra”, est représentée mains jointes, les doigts effleurant les ondes de la mandorle de son fils. En position d'orante, elle intercède manifestement auprès de son fils.
Et pour qui, sinon pour les morts, en faveur de la délivrance des éprouvés des
Tartares* ?
Cette intercession montre bien qu'il ne s'agit pas d'un Enfer définitif avec ses pécheurs damnés pour l'éternité. Si c'était le cas, à quoi pourrait bien servir cette prière ? (Elle serait bien inutile en effet pour les damnés irrémédiablement condamnés à l'enfer éternel et superflue pour les saints et élus déjà sauvés. Elle ne peut s'adresser qu'aux pécheurs redimables, les "âmes du Purgatoire".)
Le développement du culte marial a bien sûr pour corollaires la naissance du Purgatoire*, et la théorie des suffrages* des saints.

Saint Pierre, vêtu du pallium et porteur des clés du Paradis Les mains de Marie intercèdent auprès du Christ en faveur des éprouvés du Purgatoire La Vierge Marie

La Vierge Marie orante : elle intercède auprès de son fils en faveur des éprouvés du Tartare

Les élus placés dans les Demeures angéliques* (ou paradisiaques) sous la protection des toits formés par les phylactères vertueux portés par les anges sont loin d'être tous irréprochables. Plus de la moitié d'entre eux ne porte d'ailleurs pas d'auréole ! (5) Le Paradis n'est sont donc pas réservé aux seuls saints, bienheureux ou martyres...
Sans parler de Marie de Magdala, qui à nos yeux, ne saurait être confondue avec la
pécheresse” anonyme (6), on trouve parmi eux un renégat (saint Pierre),
un matricide (l'ermite Dadon) (7), et même un intempérant incestueux (8) notoire (Charlemagne) ! Certains sont loin d'être des saints, et cependant ils sont tous sauvés, parce qu’ils ont cru. Ces pécheurs ont soit bénéficié de la grâce lors de leur jugement particulier*, soit déjà été restaurés*, justifiés*, par le feu purgatoire.
On notera la distance qui sépare le texte (théorique) des illustrations (la réalité concrète) : en effet, trouver parmi les chastes (CASTI) et les pacifiques (PACIFICI) un personnage tel que Charlemagne peut laisser songeur... Pourtant, les Bénédictins du XIIe s. ne doutent pas que ce roi franc soit à sa place au paradis pour sa piété et sa loyauté envers l'Eglise.
Si les inscriptions rappellent la Loi et sa sévérité, les images gravées dans la pierre et la rétine du pèlerin illustrent une réalité différente, où la grâce accomplit la miséricorde : cette grâce elle-même est visible, matérialisée par les ondes célestes qui baignent la procession des élus.
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L'ECOINCON DE SAINTE FOY


Sainte Foy effleurée par la main de Dieu
Survolez l'image pour identifier les objets

Cet espace "cunéiforme" est consacré à la fillette martyre dont le culte, le pèlerinage et la dévotion portée aux reliques jouent un rôle essentiel dans la notoriété de Conques plusieurs siècles avant de l'érection du tympan.
Nous avons résumé au chapitre précédent les quatre sens d’interprétation de cet écoinçon d'une grande densité sémiologique.
Tous les grands thèmes du tympan y sont ici condensés sous forme allégorique : la continuité des Ecritures, la foi, le salut, le sacerdoce, l'Eglise.

- Par sa position placée entre les registres de l'Ancien et du Nouveau Testament, il assure la continuité des temps vétéro et néotestamentaires. Sa juxtaposition avec l'écoinçon de la résurrection des Elus, souligne le lien de cause à effet entre la foi et le Salut.
- Par sa forme, il suggère que la foi constitue la pierre angulaire du Salut.
- Les fers suspendus aux arcades évoquent les miracles de la sainte réputée pour libérer les prisonniers. Ces chaînes offertes en ex-voto ont servi à forger les grilles du chœur et sont toujours visibles de nos jours. Le rappel de la libération des captifs n'est pas anodin dans la problématique du Salut : en effet, le purgatoire n'est-il pas en somme une histoire de libération ?

- L'allusion au sacerdoce est particulièrement appuyée par de nombreux signes : l'autel et son calice (qui rappelle la continuité du sacrifice depuis Melchisédech jusqu'au prêtre contemporain célébrant l'Eucharistie), sont les plus évidents. Mais plusieurs symboles renvoient aussi au sacerdoce céleste qu'a reçu la sainte elle-même : le trône vide et les marches de l'autel sur lesquelles elle s'agenouille. (en lire plus sur le sacerdoce de sainte Foy)
- Les trois arches qui, non seulement matérialisent la basilique de Conques, mais aussi représentent l'Eglise toute entière et bien plus, résument le christianisme dans son ensemble. (voir le décodage de la symbolique des trois arches)


Grilles du chœur de l'abbatiale de Conques, forgées avec les fers des prisonniers libérés par sainte Foy (un peu aidée par les moines qui payaient les rançons), et offerts en ex-voto.

- La prosternation de sainte Foy se repliant sur elle-même devant la main de Dieu, traduit la concentration de l’être devant le Jugement. C'est une manifestation implicite de la conscience de soi qui émerge au XIIe s.

les fers des prisonniers délivrés par sainte  Foy accrochés en ex-voto Les fers des prisonniers délivrés par sainte  Foy accrochés en ex-voto
L'autel, le calice, les fers et le trône vide. Survolez l'image pour afficher les légendes

LE COURONNEMENT DE SAINTE FOY
Une autre scène rend hommage à sainte Foy. C'est celui de son couronnement, car à l'instar de la Vierge Marie, sainte Foy a reçu un couronnement céleste.
Ce couronnement est une autre manifestation de son investiture sacerdotale, en tant que martyre qui a versé son sang, à l'image du Christ. Cette intronisation se fait à titre posthume, au Ciel, et c'est pourquoi sa couronne est ronde.
On note deux représentations du couronnement de sainte Foy à Conques : une au tympan (ci-dessous à gauche) et une autre (à droite) sur le bas-relief qui orne la tombe de Bégon, abbé de la fin du XIe s. (9)


Couronnement céleste de sainte Foy : l'ange porte au ciel la couronne (détail du tympan)
Cliquez ici pour afficher un zoom

Le couronnement de sainte Foy, enfeu de Bégon. En haut à droite, on remarque la fillette martyre qui lève la main droite en signe de foi tandis qu'un ange pose la couronne sacerdotale sur la tête.

UN CULTE POPULAIRE
Le culte de sainte Foy, étroitement associé à celui de Marie de Magdala, occupe un rôle fondamental à l'abbatiale de Conques qui lui est dédiée, au même titre qu'au Saint Sauveur et qu'à saint Pierre.
Sainte Foy représente justement la conception miséricordieuse du Salut comme l'atteste l’anecdote relatée dans le Livre des Miracles de sainte Foy rédigé par Bernard d’Angers vers 1010 : ce docte écolâtre se disait outré par la coutume populaire et profane qui mêlait au pieux office des veilles, des « lais champêtres, (…) des cris aigus et sauvages, (…) des complaintes ineptes et futiles et d’autres frivolités (…) absurdes et intolérables ». Pour faire cesser ces pratiques vulgaires jugées incongrues, les moines iront jusqu’à clore les portes de l’abbaye aux indésirables. C’est alors qu’intervient la facétieuse fillette, en faveur des bruyants fidèles écartés : elle leur ouvre miraculeusement les portes ! Touchée par la ferveur des humbles, elle répond favorablement aux suppliques des pèlerins bannis.
Faisant alors, comme à l'accoutumée, retour sur lui-même, Bernard d’Angers tire de l’intervention de la sainte une leçon de théologie sur le caractère miséricordieux du Salut : « Dieu tolère ces pratiques et les agrée pour l’intention religieuse qui les inspire et par condescendance. Dieu est un père compatissant, plein de pitié pour la faiblesse de ses enfants ; il connaît la fragilité de leur nature ; loin de rechercher dans l’homme ce qui peut le condamner, il s’efforce de découvrir dans le cœur du pécheur la racine du salut. » (Livre premier des miracles de sainte Foy, chapitre XII).
Cette histoire souligne que la relation entre la Foi est le Salut est essentielle dans la théologie monastique romane et permet de mieux comprendre la présence de pécheurs notoires dans les Demeures angéliques*. (10)

La procession s'avance sur la voie royale qui mène au Christ : elle manifeste résolument la fonction sacerdotale, rythmée par le jeu des bâtons pastoraux de saint Pierre (11), de l'Ermite Dadon (au bâton en forme de “T”), de l'Abbé et de saint Antoine.


Le jeu des bâtons pastoraux (survolez l'image pour identifier les personnages)

Saint Pierre mérite une mention particulière. L'apôtre Simon, fondateur de l'Eglise est le guide spirituel de la communauté des fidèles. C'est à lui qu'est d'abord consacrée l'église abbatiale de Conques. Par ses écrits, notamment ses deux épîtres, il semble avoir directement inspiré le concepteur du tympan. Nous relevons plus d'une dizaine de correspondances étroites entre le livre de pierre et le texte de Pierre. (en savoir plus)

Tout, dans la Cité de Dieu, converge vers le thème du Salut*. Tout y fait sens : les personnages, les signes, l'ordre et la construction géométrique.
Ainsi le registre du Nouveau Testament est clairement encadré par les quatre catégories traditionnelles de saints médiévaux : les Vierges avec la sainte Vierge, les apôtres avec saint Pierre placés aux côtés du Christ, les martyrs, avec sainte Foy et les Confesseurs (12), avec sainte Marie de Magdala à l'autre extrémité.
Autre exemple, les lignes brisées des toits des arcades ou des phylactères des anges protègent ; les arches soutiennent et relient ; les lignes horizontales, verticales et obliques indiquent des directions, le sens de l'histoire ou les correspondances ; les coins assurent les transitions...
Rien n'est livré au hasard, jusqu'aux proportions accordées aux personnages et à la surface consacrée à la Cité de Dieu, visiblement supérieure à celle des Tartares. Si bien qu'on peut se demander comme le fait Jacques Le Goff en conclusion de son ouvrage sur le Purgatoire « si l'élément moteur du système [du Salut] n’a pas été le Paradis » ? (13)

Passons maintenant du côté des Tartares.

Chapitre suivant : 5) Les Tartares

(1) Saint Pierre joue un rôle fondamental dans l'inspiration théologique du tympan qui semble s'appuyer littéralement sur ses deux épîtres. En savoir plus. (Remonter au texte)

(2) cet abbé, qui tient sa crosse d'une main et Charlemagne de l'autre, est identifié par Yves Christe comme étant saint Gilles, l'ermite devenu abbé bénédictin et qui avait absous Charles Martel de son péché d'inceste. (cf. Jugements Derniers, Zodiaque, 1999, p. 181). L'hypothèse est plausible d'autant plus que la tradition populaire confondait souvent Charles Martel et son petit-fils Charlemagne, non moins incestueux. Mais nous préférons voir ici une allégorie générale représentant tous les abbés bénédictins, en premier lieu celui de Conques, qui exercent un rôle modérateur sinon directeur envers les puissants. (remonter)

(3) Matthieu relate la primauté de Pierre, choisi par Jésus à Césarée de Philippe pour fonder son Eglise : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux : ce que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié... » (Mt. 16, 18-19). Le pallium qu'il revêt est l'ornement sacerdotal chrétien réservé aux Papes et aux Primats. (remonter au texte)

(4) On notera au passage que la colonne de l'Eglise en marche est encadrée, à ses deux extrémités par des femmes : Marie de Magdala, l'Eve Nouvelle (en savoir plus), inaugure d'un côté la procession que la Vierge Marie conduit de l'autre. Ce calendrier monacal fait écho à un autre calendrier que nous pourrions appeler eschatologique. En ces temps de rupture, il jalonne l'histoire messianique, expliquant la progression par étapes, du temps de la Loi de Moïse à celui de la Foi pour aboutir à la Fin des Temps. Ce calendrier distingue 7 périodes successives d'environ mille ans : d’Adam à Noé, de Noé à Abraham, d’Abraham à Moïse, de Moïse à Jean Baptiste, de Jean Baptiste à l'empereur Zénon, de Zénon à Charlemagne, et enfin de Charlemagne au temps présent qui annonce l'Apocalypse et la Parousie. Selon saint Augustin, ces sept âges de l'Histoire correspondraient aux sept jours de la Création.
Comme le calendrier hébraïque détermine à 6 000 ans la durée du monde répartie sur les sept jours en partant de 0 pour Adam, la “fin du monde” selon la gématrie kabbalistique est prévue pour l’an 2240 du calendrier chrétien. Selon la même méthode de la numérologie, le nombre de 2240 donne le chiffre 8 (2+2+4+0) qui correspondrait au huitième Jour, celui qui n’aura pas de fin, celui de la vie éternelle. (Coïncidence a posteriori, le dernier mot de l’admonition finale des inscriptions, FUTURUM, se termine par une lettre onciale, un « M » ressemblant à un 8 couché, qui évoque le signe pourtant plus récent de l'infini...
voir une illustration).
De quoi alimenter les spéculations plus ou moins ésotériques des "millénaristes" !
(remonter au texte)

(5) Parmi les 7 personnages situés entre saint Pierre et saint Jérôme (à savoir : Dadon, l'abbé, Guillaume, Charlemagne, Louis le Pieux, et les 2 moines), aucun n'est porteur du nimbe de la sainteté. Tout pécheurs qu'ils sont, leur foi les sauve, à l'instar du bon larron. (Lc 23, 43) (Remonter au texte)

(6) Voir la rubrique consacrée à Marie de Magdala, à son retournement et à son message mystique. Le « retournement » de Marie-Madeleine symbolise le retournement du regard du monde païen sur le Messie. Au-delà du retournement des mœurs, c'est le retournement des lois de la nature : la vision du corps charnel transformé en corps glorieux.
(Remonter au texte)

(7) Dadon, seigneur de Conques, dépossédé de son château par les Sarrasins, refuse d'échanger son cheval de guerre contre la libération de sa mère prise en otage. Pris de remords, après le départ des Sarrasins, il se fait ermite et reconstruit les oratoires détruits. Cela se passait un siècle avant la translation des reliques de sainte Foy à Conques. (voir la chronique de l'abbaye)
(Remonter au texte)

(8) On sait que la première vertu de Charlemagne n'était pas la fidélité et on lui connait plusieurs épouses ou concubines (Himiltrude, Désirée de Lombardie, Hildegarde de Vintzgau, Fastrade de Franconie, Liutgarde d’Alémanie, Gerwinde de Saxe, Maldegarde, Regina et Adelinde). La tradition rapporte également une relation incestueuse avec sa sœur Gisèle. Cela n'empêchera pas sa canonisation par l'antipape Pascal III, en 1165, soit quelques temps après la création du tympan.
(Remonter au texte)

(9) L'enfeu de Bégon est encastré dans le mur extérieur sud de l'abbatiale, du côté du cloître.
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(10) Les Écritures associent le Salut à la foi : “Va, ta foi t'a sauvé” (Mc 10 52 ou Lc 7, 50) et “Vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi” , (1 Pi 1,9). (Remonter au texte)

(11) Perpendiculaires au sol, les bâtons de l'abbé et de Dadon suivent la direction verticale de la Croix, l'axe de la manifestation transcendantale du divin. Mais deux d'entre eux sont obliques, suivant la fameuse “diagonale de la grâce” : celui de saint Antoine qui sut résister à ses célèbres tentations et celui de saint Pierre qui pointe directement sur la serrure de la porte du Paradis dont il détient la clef.
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(12) Voir la rubrique consacrée à Marie de Magdala. (Remonter au texte)

(13) « Au moment de terminer ce livre, une inquiétude me saisit. Mon propos a été de suggérer que dans ce système [de l’Au-delà] la place maîtresse fut l’élément intermédiaire, éphémère, fragile et pourtant essentiel, le Purgatoire, qui s’est fait sa place entre le Paradis et l’Enfer.
Mais, est-ce la vérité du système ?
Ne pourrait-on se demander si l’élément moteur, organisateur n’a pas été ce Paradis, qui a si peu suscité l’intérêt des historiens et qui, si je consulte mon dossier, ne paraît pas si fade et monotone qu’on le dit.
» (Jacques Le Goff, La naissance du Purgatoire, Folio Histoire, éd. 2002, p. 484).
(Remonter au texte)

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